Le BSI infirmier est aujourd’hui incontournable dans la pratique de toute infirmière libérale qui suit des patients dépendants à domicile. Depuis la généralisation du dispositif en octobre 2023, plus aucune IDEL ne peut y échapper — et pourtant, la cotation BSI reste une source d’erreurs fréquentes, de rejets CPAM et parfois de manque à gagner réel.

Dans cet article, on fait le point complet sur le BSI infirmier en 2026 : ce que c’est, comment le réaliser, comment le coter, et comment facturer correctement les forfaits BSA, BSB et BSC — ainsi que les actes et majorations qui vont avec.

 

Qu’est-ce que le BSI infirmier ?

Le Bilan de Soins Infirmiers (BSI) a remplacé la Démarche de Soins Infirmiers (DSI) à partir de janvier 2020. Son objectif : évaluer la dépendance du patient, formaliser un plan de soins infirmiers personnalisé, et déterminer automatiquement le niveau de forfait journalier à facturer à l’Assurance Maladie.

Depuis octobre 2023, le BSI est généralisé à tous les patients dépendants pris en charge à domicile, quel que soit leur âge.

Le BSI est entièrement dématérialisé. Il se réalise via le téléservice BSI accessible sur AmeliPro, avec la carte CPS.

 

Quand réaliser un BSI ?

Le BSI infirmier est obligatoire dès lors qu’un patient dépendant nécessite des soins infirmiers à domicile. Il doit être réalisé sur prescription médicale mentionnant explicitement « Soins infirmiers dans le cadre de la dépendance » ou « BSI »

Sans ordonnance BSI valide, vous ne pouvez pas facturer les forfaits journaliers BSA, BSB ou BSC.

Les trois types de BSI

Il existe trois types de BSI, chacun avec sa propre cotation :

Le BSI initial est réalisé lors de la première prise en charge du patient. Il détermine le niveau de forfait journalier applicable pour une durée maximale d’un an. Sa cotation est de DI 2,5 (25 €).

Le BSI intermédiaire permet de réévaluer la situation du patient en cours d’année si son état évolue. L’IDEL peut le réaliser à sa propre initiative, sans nouvelle prescription, tant que le BSI initial est encore valide. Vous pouvez réaliser jusqu’à deux BSI intermédiaires par an. Sa cotation est de DI 1,2 (12 €).

Le BSI de renouvellement est réalisé à l’échéance du BSI initial (au bout d’un an). Sa cotation est identique au BSI initial : DI 1.2 (12 €).

 

Comment réaliser le BSI sur AmeliPro ?

La réalisation du BSI infirmier passe par plusieurs étapes sur le téléservice AmeliPro :

  1. Connexion avec la carte CPS — sans CPS, aucune saisie ni validation n’est possible.
  2. Ouverture du BSI (initial, intermédiaire ou renouvellement) pour le patient concerné.
  3. Saisie complète des données dans le support d’évaluation : hygiène, alimentation, mobilité, soins techniques, environnement de vie, ressources du patient et de son entourage.
  4. Le médecin dispose de 5j pour émettre son avis. Au vu de cette avis l’ infirmier modifie le cas échéant le BSI puis clôture afin de le mettre à disposition de l’ assurance maladie et pouvoir facturer le forfait de prise en charge adapté.

 

Point important

Seules les interventions que vous réalisez vous-même doivent être cochées dans le BSI. Les interventions d’un proche aidant ou d’une auxiliaire de vie se notent dans les observations complémentaires — elles ne sont pas prises en compte dans le calcul du forfait.

 

 

La cotation BSI IDEL : BSA, BSB, BSC — quels tarifs en 2026 ?

Une fois le BSI validé et clôturé, vous pouvez facturer quotidiennement le forfait journalier correspondant au niveau de dépendance évalué. Il n’est facturable qu’une seule fois par jour et par patient, quel que soit le nombre de passages.

 

Code Niveau de dépendance Tarif journalier
BSA Prise en charge légère 13,00 €
BSB Prise en charge intermédiaire 18,20 €
BSC Prise en charge lourde 28,70 €

 

Ces forfaits couvrent l’ensemble des soins de base liés à la dépendance : hygiène, nursing, confort, toilette, aide alimentaire, surveillance, tenue du dossier, coordination.

 

Que peut-on facturer en plus du forfait BSI ?

Le forfait BSI ne couvre pas tout. Plusieurs éléments peuvent — et doivent — être facturés en supplément.

Les actes techniques : la cotation AMX

Dès qu’un BSI est actif, les actes techniques réalisés lors de vos passages se facturent en AMX (et non plus en AMI). La règle générale : un seul acte AMX peut être facturé par passage, valorisé à 50 % de sa valeur habituelle.

Exemple concret : vous réalisez une injection d’insuline (normalement AMI 1 = 3,15 €) chez un patient en BSB. L’acte se cote AMX 1 à 50 %, soit 1,58 €. Facturer en AMI 1 à taux plein serait une erreur de surfacturation, susceptible d’être régularisée lors d’un contrôle CPAM.

Les actes AMX facturables à taux plein : les dérogations à connaître

La NGAP prévoit des cas précis où certains actes techniques se cumulent à taux plein avec le forfait BSI. Ce sont des dérogations importantes à maîtriser — elles représentent un vrai manque à gagner si vous ne les appliquez pas.

Les perfusions à domicile

Les forfaits de perfusion se facturent à taux plein en sus du BSI, quel que soit le niveau de forfait (BSA, BSB ou BSC). Les codes concernés sont notamment AMX 9, AMX 10, AMX 14, AMX 15, AMX 4.1, AMX 4, AMX 5. Si deux actes de perfusion sont réalisés au même passage, le premier est à taux plein et le second à 50 %.

Les pansements lourds et complexes

Les pansements classés lourds et complexes (AMX 4, AMX 11, AMX 5.1 notamment) se cumulent à taux plein avec le forfait BSI. Le premier pansement est facturé à 100 %, un éventuel deuxième pansement lourd et complexe au même passage est facturé à 50 %.

Exemple : patient en BSB avec deux pansements lourds et complexes → BSB (18,20 €) + AMX 4 à taux plein + AMX 4 à 50 %.

Le prélèvement par ponction veineuse

La prise de sang (AMX 1,5) reste facturable en sus du BSI, mais avec application de la décote de l’article 11 : elle est cotée à 50 % de sa valeur en association avec le forfait.

La BPCO

La séance de surveillance clinique et de prévention pour un patient à la suite d’une hospitalisation pour un épisode de décompensation d’une insuffisance cardiaque ou d’exacerbation d’une bronchopathie chronique obstructive (AMX 5,8)

Les patients diabétiques insulino-traités (article 5 bis NGAP)

Pour les patients dépendants insulino-traités, les actes de surveillance glycémique et d’injection d’insuline restent facturables en sus du BSI. Attention toutefois : dans ce contexte BSI, ces actes sont cotés à 50 % (AMX 1 + AMX 1 / 2). C’est une exception dans l’exception — les actes diabète se cumulent à taux plein entre eux hors BSI, mais avec décote de 50 % dès lors qu’un forfait BSI est actif.

Les frais de déplacement

Les déplacements restent facturables en sus du forfait BSI :

  • IFI (Indemnité Forfaitaire de déplacement) : 2,75 € par visite
  • IK (Indemnités kilométriques) : 0,35 €/km en plaine, 0,50 €/km en montagne

Les majorations applicables

Plusieurs majorations peuvent s’ajouter selon les situations :

  • MCI (Majoration de Coordination Infirmière) : pour les soins complexes nécessitant un suivi renforcé — tarif 2026 : 5 € par passage
  • Majorations de nuit, dimanche et jours fériés : applicables selon les horaires de réalisation des soins techniques

 

BSI infirmier et prise en charge partagée entre plusieurs IDEL

Dans un cabinet ou une association, il arrive fréquemment que plusieurs infirmières libérales suivent un même patient dépendant. Voici les règles à respecter :

  • Un seul forfait BSI (BSA, BSB ou BSC) est facturé par jour et par patient — c’est l’IDEL principale qui le facture.
  • Les autres IDEL facturent leurs actes techniques (AMX) et leurs indemnités de déplacement (IFI/IK) ainsi que leurs majorations.
  • Une convention de partage d’honoraires est fortement recommandée pour encadrer la répartition entre infirmières.

Les logiciels de facturation spécialisés (Agathe Connect, SimplyVitale, Vega…) facilitent cette répartition automatique.

 

Les erreurs de cotation BSI les plus fréquentes

La facturation BSI concentre un certain nombre d’erreurs récurrentes qui peuvent passer inaperçues… jusqu’au contrôle CPAM.

Facturer en AMI au lieu d’AMX : dès qu’un BSI est actif, les actes techniques doivent être cotés en AMX. Facturer en AMI à taux plein est une surfacturation.

Ne pas appliquer les dérogations à taux plein : à l’inverse, ne pas facturer à taux plein une perfusion ou un pansement lourd et complexe chez un patient BSI, c’est sous-facturer votre activité réelle.

Oublier de renouveler le BSI à l’échéance : un BSI est valable un an. Sans renouvellement, vous ne pouvez plus facturer les forfaits journaliers. Le téléservice AmeliPro ne vous alerte pas toujours automatiquement.

Ne pas réaliser de BSI intermédiaire en cas d’évolution clinique : si votre patient s’aggrave et passe de BSA à BSB ou BSC dans les faits mais que votre BSI n’est pas mis à jour, vous sous-facturez votre activité réelle.

Cocher les interventions des aidants dans le BSI : seuls vos actes propres doivent figurer dans l’évaluation. Les interventions d’un proche ou d’une auxiliaire de vie faussent le calcul du forfait.

 

BSI infirmier et gestion administrative : un vrai sujet

La réalisation et le suivi des BSI représentent une charge administrative réelle pour les IDEL. Entre les BSI initiaux à créer, les intermédiaires à anticiper, les renouvellements à ne pas manquer et la facturation quotidienne des forfaits avec les bons codes, c’est un ensemble de tâches qui prend du temps — et dans lequel les erreurs coûtent cher.

C’est précisément pour alléger cette charge que des solutions de gestion administrative comme AMI Facturation existent : assurer le suivi, anticiper les échéances et éviter les rejets, pour que vous puissiez vous concentrer sur ce qui compte vraiment — vos patients.

 

En résumé : les points clés de la cotation BSI en 2026

  • Le BSI est obligatoire pour tous les patients dépendants à domicile depuis octobre 2023.
  • Il se réalise sur AmeliPro avec la carte CPS, sur prescription médicale.
  • Trois forfaits journaliers : BSA (13 €), BSB (18,20 €), BSC (28,70 €).
  • Un seul forfait par jour et par patient, quel que soit le nombre de passages.
  • Les actes techniques se facturent en AMX à 50 % — sauf perfusions, pansements lourds et complexes, et le bpco, qui se cumulent à taux plein.
  • Les déplacements (IFI, IK) et majorations (MCI, nuit, dimanche) s’ajoutent au forfait.
  • Deux BSI intermédiaires maximum par an, sans nouvelle prescription.
  • Un BSI est valable un an — pensez au renouvellement.

 

Une bonne maîtrise de la cotation BSI, c’est une facturation juste, conforme, et qui valorise réellement votre travail auprès des patients dépendants.